08 janvier 2011
Le paradoxe de la nostalgie
Plus vaste est le temps que nous avons laissé derrière nous, plus irrésistible est la voix qui nous invite au retour. Cette sentence a l'air d'une évidence, et pourtant elle est fausse. L'homme vieillit, la fin approche, chaque moment devient de plus en plus cher et il n'y a plus de temps à perdre avec les souvenirs. Il faut comprendre le paradoxe mathématique de la nostalgie : elle est plus puissante dans la première jeunesse quand le volume de la vie passée est tout à fait insignifiant.
Milan Kundera, L'ignorance.
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