03 novembre 2009
C'est quoi ça ? .... c'est kwasa.
Le moteur crachote sous la pleine lune. Blottis les uns contre les autres, nous contemplons le ciel. Les étoiles qui scintillent éclairent notre embarcation, comme autant de projecteurs braqués sur nos peaux presque nues…
C'est quoi ça ? Maryvette Balocou
Sorti le 29 octobre
19:28 Publié dans coin marron, Le coin des livres, Temps modernes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature jeunesse, voyages, afrique, livre
20 octobre 2009
Le Temps arrêté
Il attendit longtemps, dans le silence, ne bougeant pas. Puis, lentement, il ôta de ses yeux le linge mouillé. Presque plus de lumière dans la pièce. Personne autour de lui. Il se releva, prit sa tunique qui gisait, pliée, sur le sol, la jeta sur ses épaules, sortit de la pièce, traversa la maison, arriva devant sa natte, et se coucha. Il se mit à observer la flamme qui tremblait, ténue, à l'intérieur de la lanterne. Et, avec application, il arrêta le Temps, pendant tout le temps qu'il désira.
Ce ne fut rien, ensuite, d'ouvrir la main, et de voir ce billet. Petit. Quelques idéogrammes dessinés l'un en dessous de l'autre. Encre noire.
Alessandro Baricco. Soie.
21:23 Publié dans Coin photos, Le coin des livres, Pensées multiples | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : romans, lecture, livres
31 mars 2009
La Cheminante
20:51 Publié dans Coin kiosque, Le coin des livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vive la vie, littérature, livres
08 mars 2009
Syngué Sabour
Avec retard j'ai lu et découvert le Goncourt. Syngué Sabour, Pierre de patience. Pierre à laquelle on raconte tout, on dévoile ses pensées et secrets intimes, libération de l'enfoui, de l'enfance à la femme soumise et mère. Mais la Pierre, le synguè sabour, est humain, c'est le mari, blessé immobile yeux ouverts ne parlant plus après une balle reçue en bon guerrier. La femme se libère lui parle laisse couler ses sentiments ressentiments. Entend-il, comprend-il ? Parole d'une femme, temps de guerre. Quelque part en Afghanistan.
8 mars, journée internationale des femmes.
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23 février 2009
L'arbre d'Ebène
... Au pays, avant ta naissance, avant de rencontrer ton père, dans la brousse de chez nous, ma famille n'avait pas de cabane. On vivait entourés de chèvres et de sable. Le désert était notre maison, le ciel, notre toit, les arbustes, notre point de repos. Dans le village le plus proche, il y avait une école vide que les Français ont construite et qui servait de logis aux bêtes. Le village était aussi vide que le désert. Un jour des touristes sont passés dans une grande voiture. Ils avaient tout. Ils mangeaient ce qu'ils voulaient. Une femme est venue vers moi et a voulu me photographier. Je lui ai fait un signe de refus. J'ai tourné la tête et j'ai regardé le désert. Elle m'a tendu un porte-monnaie vide. Et croyant que je ne comprenais pas ce qu'elle disait, elle m'a montré son appareil photo. J'ai pris le porte-monnaie. Elle m'a demandé de sourire en faisant la grimace. Je n'ai pâs souri parce que je ne voulais pas qu'elle me prenne en photo. Elle a dû penser que le porte-monnaie ne suffirait pas pour me prendre en photo alors elle m'a tendu quelques pièces de monnaie. Elle a pris sa photo. J'ai senti que quelque chose partait de moi. Elle m'avait prise sans mon accord, me volant ma présence dans le désert. Je n'ai pas bougé jusqu'à leur départ. C'était si simple pour elle de prendre ce qui ne leur appartenait pas.Ce jour-là, il s'est passé quelque chose d'effroyable. Je ne sais pas combien de temps je suis restée immobile après leur venue, mais en voulant reprendre mon chemin, j'ai aperçu au loin les chèvres de mon père, mortes sur le sable. Et la faim s'est répandue sur notre territoire. Ma mère couchée sous des branchages était en train de mourir de faim avec un bébé dans ses bras. J'ai pris mon petit frère et j'ai marché dans le désert sans savoir quoi faire. Les larmes réconfortent ici, mais là-bas, c'est une perte très grande. L'eau même salée est indispensable pour la survie du corps. Je n'avais pas de seins pour l'allaiter, seulement un porte-monniae avec quelques pièces à l'intérieur ...

L'arbre d'Ebène, Fadéla Hebbadj, éditions BUCHET/CHASTEL, 2008
20:21 Publié dans Le coin des livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vive la vie, littérature, afrique, société
17 janvier 2009
La Porte des Enfers
Garibaldo pouvait faire ce qu'il voulait avec le café. Personne ne savait ce qu'il mettait dedans, à quels ingrédients il avait recours, mais il avait le don de savoir épicer son breuvage en fonction de la demande du client. Ces cafés-là, le patron allait les faire dans l'arrière-boutique. Il avait aménagé un percolateur spécial, entouré probablement d'une multitude de boîtes contenant des épices et des ingrédients en tout genre : poivre, cumin, fleur d'oranger, grappa, citron, vin, vinaigre, piment en poudre. Il procédait à l'élaboration de sa mixture et cela ne prenait jamais plus de temps qu'il n'en aurait fallu pour un café normal. Aucun client ne s'était jamais plaint. L'effet espéré était toujours au rendez-vous. On pouvait tout demander : des cafés pour ne pas dormir trois nuits d'affilée ou pour avoir la force de deux hommes, des cafés langoureux, aphrodisiaques... Il n'y avait qu'une seule règle : celui qui le demandait est celui qui le buvait. Garibaldo ne voulait pas se transformer en empoisonneur.
Laurent Gaudé, La Porte des Enfers. Actes Sud, 2008.
20:03 Publié dans Le coin des livres | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : vive la vie, écriture
15 décembre 2008
Le Raccommodeur de Poussières
- Ah, tu es italien alors ! Rome, Venise, Trieste. Je connais tout comme si j'y étais allé. Les voyages, c'est grâce à ma 2 CV que je les fais. Elle a déjà transporté des milliers de gens. Mais un raccommodeur de poussières, jamais. Alors, si je comprends bien, on fait peut être un peu le même travail? Pendant que je trafique les moteurs des voitures, toi, tu bricoles avec les petits bouts de tout et de rien que tu trouves, c'est ça?
- Oui, c'est à peu près ça. Mais il ne faut pas trop me poser de questions.
- Juste une. Tu connais quelqu'un à Madagascar?
...
Le Raccommodeur de poussières. Maryvette Balcou. Editions la Cheminante, 2008.

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02 septembre 2008
Touffes d'oiseaux
Tagué par Rony. Je réagis avec retard : je tague (c'est bien parce que c'est toi, rony...) mais j'en profite savourer des mots magnifiques que je jette sur le clavier, et je tague à mon tour.... (Règlement : 1- Citer la personne qui nous a "tagué"; 2- Indiquer le règlement; 3- Choisir un livre, l'ouvrir à la page 123; 4- Recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes suivantes; 5- Indiquer titre, auteur, éditeur, année d'édition; 6- Taguer 4 personnes.)
Touffes d'oiseaux qui explosent. Voltes de papillons abî-
més dans l'extase. Montées au rythme des tambours. Ordres
à la pluie. Injonctions amoureuses aux fécondes. Soumissions
au soleil. Misères des possessions dans le cercle des flammes.
Impudeurs dans l'offrande des soieries sur un ventre.
L'esclave vieil homme et le molosse, Patrick Chamoiseau, 1997
20:29 Publié dans Le coin des livres | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : vive la vie, livres, écriture, blogs
14 juin 2008
Les arbres du côté de la montagne
"Notre chambre était tout au bout de la maison, du côté de la montagne. Quand il allait pleuvoir, la montagne semblait tomber sur nous, je me souviens, nous avions l'impression de pouvoir la toucher en tendant les bras. Ce qui était bien, c'étaient les arbres, nous voyions tous les arbres de la forêt, les ébéniers plantés par mon grand-père, et les bois noirs, les acajous, les cèdres amers. C'était magnifique, quand le vent soufflait je voyais leurs cimes bouger, et il y avait toujours des oiseaux dans les branches. On ne la voyait pas, mais la cascade était tout près, et lorsqu'il pleuvait [...] nous restions devant la fenêtre, la montagne avait disparu dans un nuage, et nous écoutions le bruit de la pluie sur les feuilles des arbres, ça venait par ondées, comme un grand animal qui bousculait les feuilles, et on entendait le bruit de la cascade qui grandissait, qui grandissait, ça nous faisait peur..."
JMG Le Clézio. Révolutions.
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29 avril 2008
Ils habitent la terre
Un texte qui m'a happé dans un livre que j'ai découvert, une écriture et une pensée à savourer. Nada Moghaizel-Nasr "Images écrites", éditions Dar An-Nahar, Beyrouth.
Ses enfants n'habitaient pas avec elle la rue 33. Ils habitaient la terre. Ils ne nageaient pas dans une plage, mais dans la Méditerranée, et leur tête était recouverte d'une couche d'ozone. Ils étaient entourés d'étoiles pas d'immeubles et leurs voisins étaient Mars et Jupiter. Ils faisaient, en restant sur place, un magnifique voyage, tournant autour du soleil, même assis sur un banc, pendant un cours de maths. Eux et leurs professeurs appartenaient à la voie lactée, aucun règlement de l'école n'y pouvait rien. Ils réfléchissaient d'ailleurs en termes d'année-lumière et non d'année solaire, et savaient qu'ils devaient leurs journées à l'éclat d'une étoile.
Ils habitaient la planète, alors ils étaient concernés, solidaires. Ils étaient concernés par l'état de l'eau, de l'air et de la terre, qu'il leur fallait préserver par chacun de leurs gestes.
Elle entendait leurs conversations, pendant qu'ils fabriquaient un arc à flèches ou une potion magique, et grâce à eux, elle habitait l'univers.
19:02 Publié dans Le coin des livres | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : vive la vie, littérature, livre, enfants






















