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21 mars 2008

Petit matin

Petit matin grand soleil déjà silence d'or quelques pépitements d'oiseaux même pas un insecte tranquillité trompeuse du monde bleu éclatant du ciel café pain confiture yaourt café Je m'arrache enfile pantalon chemise chaussettes chaussures serrure fermée clef de contact autoradio embranchement virage descente voitures motos vrombissements klaxons feu rouge vert piétons promenades du chien jogging du matin clignotant freinage accélération infos du matin dutronc il est 5 heures Paris s'éveille je me gare lunettes de soleil contre lunettes standard parking entrée principale couloir bureau plongée en apnée.

19 mars 2008

Les Bushmen du Botswana

Les Bushmen du Botswana avaient gagné leur procès il y a quelque temps. Ils pouvaient donc réintégrer leur territoire après en avoir été expulsés. Seulement voilà, que valent des Bushmen face à l'impérieuse nécessité d'exploiter une mine de diamants ? Demain, Survival International organise une manifestation face au siège du MEDEF, où le président du Botswana doit rencontrer pour une réunion de travail les entreprises françaises. 

 

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18 mars 2008

Vu au cinéma

Ciné une fois par semaine depuis quelques temps. Des films Art et essais programmés toutes les semaines. 3 à 10 personnes dans la salle. Heureusement qu'il y a des subventions. Ca tiendra combien de temps ?

Cria Cuervos

Le parfum

I'm not there 

17 mars 2008

Le coffre

Le fauteuil au dossier fait de tiges de rotin tressé, aux formes obsolètes et incongrues, à la couleur impavide et glacée, le ramenait à une existence lointaine, dont il se demandait si elle avait vraiment eu lieu. Il avait pourtant reposé son corps nombre de fois sur ce siège qui n’en était pas moins familier à ses yeux. Il revoyait également avec précision les emplacements successifs de ce coffre en bois de tamarin qui trônait au centre, impérial, ayant l’air de prétendre à faire revivre une époque coloniale, ou du moins issue du colonialisme, déclamant la fierté d’avoir été façonné de main d’homme à l’époque de la confection à la chaîne.
Les panneaux latéraux du coffre étaient ornés de motifs sculptés au ciseau à bois, motifs qu’il avait tant de fois examinés dans tous leurs détails, tentant de percer à travers eux la psychologie ou le message de celui qui les avait tracés avec tant de finesse et d’art. Créatures mi humaines, mi animales, symbolisant des activités ou rituels divers, arbres et végétations aux proportions gigantesques entourant ces scènes, comme s’il fallait rappeler aux hommes leur petitesse face aux choses de la nature, qu’ils ne s’étaient pas empêché de détruire à petit feu, jusqu’à ce qu’elle ne reprenne le dessus par une rébellion faite d'escarmouches de plus en plus efficaces dans un monde à tel point humanifié qu’il s’était deshumanisé.
Philippe Lavergne, comme à chaque fois qu’il avait laissé ses yeux errer sur le théâtre mis en scène par le sculpteur voilà déjà bien longtemps, se sentait happé par un flot de réflexions inspirées par cette représentation naïve, douce et sensuelle, mais aussi menaçante par ses présages. Il était face à ces retables naïfs comme un lecteur prenant pour son compte un texte qui n’appartenait plus à son auteur, et qui en faisait ce qu’il voulait.
Des ouvrages et quelques vieilles coupures reposaient sur le dessus du coffre. En les remarquant, il comprit pourquoi il avait ressenti une impression insolite en entrant dans la grotte...