17 juin 2006
L'université en vente libre
L'université est bien malade, gagnée progressivement par la gangrène de la marchandisation des connaissances, de l'utilitarisme des recherches, de la privatisation de la pensée au profit des financeurs, grandes entreprises, et décideurs. Là où l'université était fière de sa liberté de choix des thèmes de recherche et d'enseignement, l'appauvrissement gagne par la restriction de plus en plus grande des appels d'offres à l'intéret des privés, pour le développement et la vente de leurs produits, ou pour leur image de marque. De plus, la recherche est avant tout réalisée par des chercheurs précaires, contractuels, muselés, et de moins en moins à même de développer en toute liberté et sur un temps suffisamment long leur sujet de recherche.
Pour plus de développement : Le Monde Diplomatique de mai 2006 (La guerre des idées).
08:40 Publié dans Le coin pas d'accord | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : débats de société, sciences
16 juin 2006
Marché du médicament
Les conditions de mise sur le marché et de suivi des médicaments "souffrent d'un manque de transparence et d'une trop grande dépendance vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique". Tel est le constat dressé par la mission d'information de la commission des affaires sociales du Sénat consacrée aux enjeux sanitaires de la politique du médicament, dont le rapport a été rendu public mercredi 14 juin.
Qu'il s'agisse des agences sanitaires, de la formation des médecins ou des experts chargés d'évaluer les produits, l'industrie pharmaceutique est omniprésente à tous les niveaux. Chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché (AMM), l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) est financée à 80 % (contre moins de 50 % en 1999) par des redevances versées par les laboratoires. Quant au budget de 103 millions d'euros de la toute jeune Haute Autorité de santé (HAS), il est "sans commune mesure avec les moyens dont dispose l'industrie pharmaceutique" et apparaît "insuffisant" au regard des multiples missions dévolues à la HAS, dont l'évaluation du service médical rendu (SMR) des médicaments et l'amélioration des pratiques médicales.
Les sénateurs souhaitent "un renforcement des financements publics", surtout pour permettre le développement des études post-AMM. Ces études, dont la nécessité est reconnue, visent à repérer les éventuels effets indésirables d'un produit pharmaceutique lors de son utilisation "en vie réelle" (et pas seulement sur un échantillon réduit de personnes lors des essais cliniques). Une évaluation d'autant plus importante que, pour l'heure, les laboratoires ne sont pas obligés de fournir des essais comparatifs dans leur dossier de demande d'AMM. "Les critères retenus pour l'évaluation d'un médicament relèvent plutôt d'une appréciation par défaut que d'une évaluation de son apport novateur", estiment les sénateurs.
La mission regrette également que l'industrie pharmaceutique "se soit imposée comme le premier vecteur d'information des professionnels de santé". Pas étonnant, dans ces conditions, que la France soit confrontée à "des problèmes de prescriptions inadaptées et de surconsommation médicamenteuse". Dès leurs études, et tout au long de leur carrière, les médecins évoluent dans un environnement où "l'absence de neutralité" est la règle. Dans les facultés de médecine, la pharmacologie est "le parent pauvre" des enseignements. Par la suite, la formation médicale continue (FMC) - obligatoire depuis 1996 - est financée à 98 % par les laboratoires. Quant aux 24 000 visiteurs médicaux qui vont promouvoir les produits de leur firme dans les cabinets de ville, ils "influencent considérablement les comportements de prescription", relève le rapport. Le Vioxx, indique-t-il, avait mobilisé "plus de mille visiteurs médicaux". De plus, les laboratoires "noyautent" la presse médicale et sont parvenus, en finançant le dictionnaire Vidal, qui trône sur tous les bureaux médicaux, à "monopoliser" l'aide à la prescription.
Afin de réduire l'influence de l'industrie, la mission sénatoriale appelle de ses voeux le "développement d'un réseau de délégués de l'assurance-maladie" qui diffuserait "les recommandations des agences sanitaires" et favoriserait l'émergence de "logiciels de prescription indépendants". Soulignant enfin le problème des "conflits d'intérêt" des experts externes auxquels les agences sanitaires font appel pour examiner les dossiers d'AMM, le rapport recommande l'élaboration d'une "charte" ou d'un "statut" de l'expert.
Le Monde, 14 juin 2006.
11:50 Publié dans Coin Santé | Lien permanent | Commentaires (4)
15 juin 2006
Enfants sans papiers
On continue d'expulser. Des enfants par dizaines reçoivent leur avis de départ. De reconduite à la frontière. Des enfants qui ont grandi en France, qui ne connaissent que la France, et qui pour la plupart n'ont jamais mis les pieds dans le pays où l'on veut les ramener. Triste France. Expulsons Sarkosy.
07:50 Publié dans Le coin pas d'accord | Lien permanent | Commentaires (2)
12 juin 2006
Un peu de poésie
Je m'imagine un monde qui serait plein de poésie. Qu'à côté de la prosaïque vie matérielle, il soit donné à chacun de contre-balancer par la poésie. Que les politiques se permettent un peu de poésie. Que le rationnel gagne de la valeur par la prise en compte de la poésie de la vie. Que tout ne soit pas forcément la réflexion terre à terre de l'utile rentable. Que la prose s'entremêle, s'entrelace intimement à la poèsie. Que le réalisme ne s'enferme pas en deça de ses limites, qu'il les fasse éclater pour accueillir la poèsie. Oh monde cruel et orgueilleux qui prétendrait que l'homme puisse vivre sans poésie !
16:10 Publié dans Coin perso | Lien permanent | Commentaires (4)














