11 février 2007
Un hêtre...
Un hêtre isolé se dressait, là-bas, au milieu d'un paysage plat surplombé par un ciel en remous aux tons d'ardoise et de lavande. Il se tenait très droit au coeur de cette double immensité de terre rase et de froide lumière, de cette double nudité, et il portait très haut dans le bleu du silence sa cime globuleuse couleur d'ambre et de rouille. Un hêtre en sobre majesté qui conversait avec le vent, avec le vide, avec sa propre ombre, dans le déclin du jour. Le lieu était banal, et pourtant insolite. Nul relief, un chromatisme pauvre, un ciel démesuré, une ligne d'horizon tirée d'un trait austère, et bsa. Mais il y avait l'arbre, son tronc cendré, comme une entaille dans le bleu sourd du ciel, sa ramure arrondie, comme un défi à tant de nivelage, son feuillage cuivré, comme recélant d'obscures résonances. Il y avait ce hêtre planté en sentinelle dans la tombée du jour, dru comme un corps d'attente et de longue endurance. Il habitait l'espace avec simplicité, avec puissance, tout concentré sur soi, sur son invisible coeur d'arbre, son inaudible chant d'arbre, sa solitude d'arbre. Il habitait le temps avec ténacité, avec patience, tramant sans fin des songes sous son écorce grise, tissant et enlaçant les fils ligneux de sa mémoire séculaire...
Eclats de Sel, Sylvie Germain, Gallimard, 1996.
20:25 Publié dans Le coin des livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vive la vie, littérature
08 février 2007
La recette !
Alors, comment s'y prendre pour faire une fougasse et la réussir (ce qui n'est pas trop dur quand même, mais il faut un peu de patience) ? D'abord, avoir un levain : la veille, délayer de la levure fraiche du boulanger, ou si non disponible de la levure sèche (un sachet), dans un peu d'eau (10 cl à 20 cl) et de farine (environ 50 g à 100 g, que ce soit pâteux, pas trop liquide). Laisser travailler ce levain 12 heures (température tempérée) en couvrant d'un linge. Puis, le rafraichir en rajoutant de nouveau un peu d'eau et farine (mêmes proportions). Laisser encore une douzaine d'heures. Puis confectionner la pâte : en mêlant au levain de l'huile d'olive (1 cuillère à soupe), de l'eau (30 cl), et de la farine (500 g), du sel. Pétrir (c'est la partie la plus délicate, bien replier la pâte sur elle même en l'allongeant et en emprisonnant de l'air, plusieurs fois, et répéter jusqu'à qu'elle est une consistance souple et homogène). Laissez reposer et gonfler la pâte pendant 2 à 3 heures en couvrant d'un linge. Pendant ce temps, faites revenir dans une poële avec un peu d'huile d'olive : des oignons (2 à 3 selon grosseur) hachés, quelques lardons pas trop gros ou coupés en petits morceaux, du cumin, des herbes de provence, saler modérément. Laisser refroidir. Reprendre la pâte, y mélanger en pétrissant de nouveau, le mélange oignons lardons. Façonner ensuite la pâte sur une plaque en l'étalant pour qu'elle ait une épaisseur d'environ 3 cm. Découpez en 3 à 4 lamelles (de largeur 4 à 5 cm) qui se rejoignent aux extrémités de façon à ce que l'on puisse rompre facilement après cuisson. Laisser reposer et gonfler encore 3 heures à T° ambiante, en couvrant d'un linge. préchauffer le four, thermostat 8, enfourner à four bien chaud 20 à 30 minutes, baisser le thermostat à 7 après 5 minutes de cuisson. A la fin de la cuisson, sortir la fougasse, et laisser refroidir sur une grille. Déguster
22:05 Publié dans Coin perso | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : vive la vie, de tout et de rien














