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17 février 2007

Esclavage

Il ya quelques temps, nous nous sommes perdus lors d'une ces rares soirées où l'on allume la télé, devant un reportage, de ceux qui font rêver les touristes psudo aventuriers en pantoufle. Emission animée par un jeune guide vertuel se transportant de façon tout à fait impertinente et importune d'un bout à l'autre du monde. Et ce soir là, une de ses haltes merveilleuses était la Mauritanie, dont la beauté et l'exotisme, la population et ses moeurs étaient loués et chantés. J'étais sorti de ce reportage fâché d'avoir encore subi la télévision et la vision imposée par certains.

Mais je ne me doutais pas à quel point ce reportage était à côté de la plaque, cachant le pire de ce pays moderne et soi disant paradis (des touristes). Quelques jours plus tard, je tombe sur cet article. La Mauritanie n'a toujours pas aboli dans les faits l'esclavage, même si officellement tout le contraire est avancé. Des enfants, des femmes, des hommes, sont encore traités comme des non-êtres, sans aucun droit, à la merci entière d'un maître qui peut en faire ce qu'il veut. Encore une aberration, un non sens de nos temps modernes. Solution ? Je ne sais pas, je ne sais plus.

 

13 février 2007

La soeur d'Amilcar

Chacun aurait voulu pouvoir ignorer cette attitude inquiétante mais Judex savait que, derrière la volonté de faire démarrer le feu de la bonne ambiance, les regards des uns et des unes ne cessaient de se tourner vers celle qui accaparait de plus en plus leur attention. Avec Rose-Améline, il ne fallait pas compter vouloir refaire le monde. Pour elle, tout était simple, et il n’y avait pas de raison pour que ça ne le soit pas. On était né pour vivre, les réflexions sur l’existence devaient se limiter à ça, et cette façon d’envisager le monde et les hommes lui permettait de ne pas se poser trop de questions, de résoudre nombre de problèmes sans faire intervenir une quelconque métaphysique ou intervention supérieure, ou encore la fatalité qui en abattait tant. Le départ d’Amilcar faisait donc partie pour sa soeur de ces décisions incompréhensibles à partir du moment où il n’y avait aucune raison sensée, c’est à dire inhérente au déroulement de la vie elle-même, à la possibilité de se nourrir, de continuer à avancer sur le chemin paisible du labeur quotidien, en compagnie des siens et de ceux avec qui on partage l’existence. Non, elle n’avait pas compris et ne comprenait toujours pas. Et même si Amilcar lui en avait exposé les vrais motifs, il eût été probable qu’elle fut restée imperméable de la même façon.

Judex la regardait s’affairer entre la cuisine et la table autour de laquelle les différents habitants du village prenaient maintenant place au fur et à mesure de leur arrivée. Il devinait dans le regard que la jeune femme ne voulait pas dévoiler la détermination et la ténacité. Malgré le tournant important qui était en train de se négocier, elle continuait à s’activer comme elle l’avait toujours fait. Les différents plats offrant des couleurs variées aux convives avant de confier à leurs palais les saveurs des légumes frais savamment choisis étaient disposés tout au long de la table. Sous la treille, tomates, concombres, laitues, maïs, tubercules attendaient patiemment que l’on s’empare d’eux pour les déguster en accompagnement de la volaille grillée grâce aux soins d’Amilcar, et qui répandait dans l’atmosphère une odeur à aiguiser tous les appétits.
 
 à suivre.... : Le tempo du kayambe