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04 mai 2008

Immensité

Immensité

    route à l'infini

        terre aride ingrate 

    beauté à en couper le souffle

Millier de kilomètres

    yeux rivés sur le relief

        une main sur le volant

            route aux courbes élancées

        faune éparse

    far west south

Immensité nue

    chaleur de plomb

        menace de l'orage

            houloulements nocturnes

                fraicheur indicise de l'aube

                    course de dames autruches

                        peuplement désert

                    hommes et femmes

                noirs blancs zoulous

            khoikhoi boers

        afrikaans

     apartheid

Terre infinie finie 

South Africa 

 

 

Décembre 2007, Karoo, Afrique du Sud.

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Secret Sunshine

Corée du Sud vie ordinaire pas ordinaire d'une jeune femme qui reste seule avec son fils et décide de vivre désormais dans la ville de son mari disparu, ville de province qu'elle ne connait pas et qui ne la ménage pas. Un film haut en sentiments et colère/abnégation rentrées et contradictoires.
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00:05 Publié dans Coin Ciné | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : vive la vie, cinéma

02 mai 2008

Nuit tombante

 
Nuit tombante champs de canne route sinueuse sérénité troncs blafards épars Journée décalée famille paroles futiles profondeur non dévoilée Nuit tombée retour à la case mois de mai le 1er puis le 8 puis le 18 Des années de mois de mais la vie continue elle va elle vient Amour nu sauveur pansant les blessures cicatrices du mois de mai Tu es là fidèle inquiète pure que de bonheur tu m'enlaces de ton âme tes pensées me caressent Elle est là aussi, toujours, tellement lointaine et tellement présente faisant partie de moi faisant partie de nous
 
 
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  1er mai 2008

01 mai 2008

ça suffit !

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Quand est-ce que tout cela va-t-il s’arrêter ?

Ça y est ! Les hostilités ont repris de plus belle dans la fournaise burundaise. Alors que le pays traverse une crise alimentaire, les forces loyales ont décidé d’aller en guerre contre les rebelles des Forces nationales de libération (FNL).

De violents affrontements se sont déroulés le dimanche dernier entre les deux factions armées à quelques encablures de Bujumbura, la capitale, et ont fait de nombreux morts aussi bien chez les loyalistes que chez les rebelles. Ces attaques ont eu lieu après le 3e assaut des FNL en moins d’une semaine contre la capitale. Cela a fait plus d’une trentaine de morts et la comptabilité n’est pas près de s’arrêter.

On avait l’impression que le pays s’était pacifié et que les vieux démons étaient définitivement enterrés depuis le génocide de 1993, qui avait fait plus de 300 000 victimes. Et en pareille situation, ce sont les innocents qui payent le plus lourd tribut. Et dès lors, des milliers de civils habitant les collines d’où partent les tirs des insurgés ont commencé à fuir leur terre.

Le pire, c’est que c’est toute cette région des grands lacs qui en supportera les conséquences. En effet, les mouvements de populations qui vont en résulter entraîneront avec eux tous les maux sociaux (insécurité, épidémies, chômage, assainissement…)

Autant dire que la boîte de Pandore est en train de se rouvrir lentement mais sûrement, donnant la conviction à certains analystes que les conditions climatiques des plus favorables, dont bénéficie ce pays, ne profiteront pas de sitôt à ses habitants. Si le Burundi retombe dans un conflit armé, ça risque d’être le chaos, car les braises, qui ne se sont pas totalement éteintes, vont s’activer davantage et replonger tout le pays dans le chaos. Et ce sera un éternel recommencement.

Il est à craindre que cette contrée soit alors abandonnée à elle-même. On aurait la preuve que les protagonistes de la crise armée ne veulent pas le retour définitif de la paix.

Pourtant, la branche politique des FNL, le Palipehutu, a été belle et bien partante pour un cessez-le-feu, signé en septembre 2006. Il démontre qu’il tient à leur revendication du pouvoir politique et militaire. On peut aisément comprendre qu’il partait à la table des négociations sans avoir le cœur à la tâche ; sinon, il n’aurait pas réclamé, entre autres, le poste de chef d’état-major de l’armée ; une fonction que le président burundais, Pierre Nkurunziza, ne marchanderait pour rien au monde.

Dans un tel contexte, les positions ne seront jamais conciliables, et le spectre de la guerre civile ne peut que se concrétiser. Déjà, des dissidences se forment de part et d’autre et les deux camps s’accusent mutuellement de les entretenir. Le Burundi n’a vraiment pas besoin d’un autre génocide. C’est le moment d’interpeller la communauté internationale à parer au plus pressé avant que la cocotte-minute n’explose. Mais diable ! Quand est-ce que tout cela va-t-il prendre fin ?

Kader Traoré, l'Observateur Paalga, Ouagadougou

30 avril 2008

Vertige

Le chemin avait maintenant entrepris une lente courbe horizontale le long d’un coteau surplombant un bras de rivière à sec jusqu’à la prochaine pluie tropicale suffisamment violente ou jusqu’au prochain cyclone. De ci, de là, pointait du sol aride une tige frêle et jaune, souvent déjà sèche, parfois cependant étalant quelques folioles ou exhibant une fleur timide que le pied pouvait facilement éviter. A cet endroit, le passage était quelquefois étroit, obligeant celui qui l’empruntait à se dispenser de soutenir trop longtemps l’échange visuel avec le bas de la crevasse, à s’agripper même pour plus de sûreté aux racines dont il fallait vérifier auparavant la solidité, ou aux cordes disposées là par quelque prévoyant.
C’était le passage qui avait jusqu’alors rebuté Rose-Améline, qui préférait, quand elle devait se rendre à Bras-sec, faire le détour par le piton et emprunter l’antique passage marron vers le cirque. C’est parce qu’elle accompagnait Judex, en qui elle avait toute confiance, qu’elle avait accepté de prendre ce raccourci par la corniche de l’ancienne canalisation. Mais elle avait été loin d’imaginer l’état dans lequel le chemin était désormais. Des éboulis supplémentaires l’avaient en de nombreux endroits rendu plus étroit. Des pans du chemin escarpé s’étaient même effondrés sur quelques mètres, remplacés, pour permettre le passage, par quelques planches solides mais surplombant le vide. La seule idée de devoir traverser ces passes vertigineuses paralysait la jeune femme, et Judex avait toutes les peines à l’aider à surmonter l’immense vague qui montait en elle. Il entreprenait d’abord chaque traversée à deux reprises afin d’acheminer les marchandises de l’autre côté du gué, puis revenait seconder sa compagne qu’il enjoignait de regarder vers la paroi tout en la tenant fermement par le bras pour la guider...
 
 

29 avril 2008

Ils habitent la terre

Un texte qui m'a happé dans un livre que j'ai découvert, une écriture et une pensée à savourer. Nada Moghaizel-Nasr "Images écrites", éditions Dar An-Nahar, Beyrouth.

Ses enfants n'habitaient pas avec elle la rue 33. Ils habitaient la terre. Ils ne nageaient pas dans une plage, mais dans la Méditerranée, et leur tête était recouverte d'une couche d'ozone. Ils étaient entourés d'étoiles pas d'immeubles et leurs voisins étaient Mars et Jupiter. Ils faisaient, en restant sur place, un magnifique voyage, tournant autour du soleil, même assis sur un  banc, pendant un cours de maths. Eux et leurs professeurs appartenaient à la voie lactée, aucun règlement de l'école n'y pouvait rien. Ils réfléchissaient d'ailleurs en termes d'année-lumière et non d'année solaire, et savaient qu'ils devaient leurs journées à l'éclat d'une étoile.

Ils habitaient la planète, alors ils étaient concernés, solidaires. Ils étaient concernés par l'état de l'eau, de l'air et de la terre, qu'il leur fallait préserver par chacun de leurs gestes.

Elle entendait leurs conversations, pendant qu'ils fabriquaient un arc à flèches ou une potion magique, et grâce à eux, elle habitait l'univers. 

28 avril 2008

Rendez vous à Brick Lane

Vie transplantée, déconnectée d'une Bengali exportée à Londres. Enfance dans le Bengladesh rural jusqu'à l'âge de 14 ans. Puis Londres pour un mariage avec un compatriote qu'elle ne connait pas. 3 enfants dont un fils ainé mort en bas âge, 2 filles presque à l'adolescence. Confrontation au Londres moderne, à l'intolérance rampante, à l'après septembre 2001, à la montée réactionnelle de l'intégrisme. Découverte de l'individualité, de l'amour, de la transgression. Une actrice remarquable, un scénario et une mise en scène qui vous prennent du début à la fin. Évolution des êtres. Après avoir rêvé pendant 16 ans de retourner dans son pays et d'y retrouver sa soeur et les rizières, c'est elle qui reste avec ses 2 filles et laisse repartir son mari au pays. Un très bon 1er film anglais de Sarah Gavron Rendez Vous à Brick Lane.
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22:03 Publié dans Coin Ciné | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : vive la vie, cinéma